Il n'y avait pas beaucoup de bruit ce jour-là. Alors que j'étais bien au chaud, je sentais que l'atmosphère se raffraîchissait rapidement. Je décidai alors d'aller voir en haut ce qu'il se passait. J'ai remonté le long chemin vers l'extérieur, et arrivé au bout, je ne pouvais que confirmer mes doutes. Le ciel se dégagait peu à peu, et j'étais bientôt à l'air libre !

Lorsque enfin je vis le jour, de jolis petits doigts s'approchèrent de moi et j'entendis un petit rire. Après, ce fut de nouveau la pénombre, puis quelques minutes après le noir total. J'étais à l'entrée de chez moi, et pourtant enfermé. Je restais en haut, dans l'espoir d'être utile à un moment. Je savais qu'il y avait de l'animation dehors, mais personne pour venir me chercher...

Au bout d'un long moment, Smiley venait me chercher. "C'est bientôt à toi de jouer". Moi et les potes, on attendait que ça. Très vite, une mer chaude et humide venait jusqu'à mon pied. Enfin un voyage ! Mais quelque chose était louche... Je n'étais que sur le rivage, et j'avais vraiment envie de voir le large. La mer s'est retirée, et j'ai encore attendu...

Plus tard, c'est reparti. Ce n'était plus une mer, mais un océan. Quelques minutes au fond de l'eau et ce sont mes amis qui ont craqué. D'un coup, d'un seul, ils se sont tous précipités du fin fond de chez nous, ont remonté le courant à toute allure, et mon emporté dans leur élan, m'expulsant loin de mes origines, que je n'avais jamais quitté !

En quelques secondes, nous étions des millions à la dérive. Et j'entendais râler au loin. Je crois que nous n'avions pas l'autorisation de sortir. En tout cas pas maintenant. Mais maintenant, c'est trop tard. Nous sommes loins, perdus, et isolés. Certains de mes camarades, ont essayé de trouver une sortie plus loin, mais sans succès. Nous dûmes rebrousser chemin, nous laissant voguer en grès des vagues. Je me laissais m'endormir.

Ce n'est que le lendemain matin que je repris connaissance. C'est Smiley qui venait me dire bonjour, mais il ne m'a pas ramené à la maison.